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Avis loi Jeanbrun : faut-il investir avec ce dispositif ?

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L'équipe de Rédaction LoiBailleurPrive
18 avr.
7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

Notre avis sur la loi Jeanbrun est favorable lorsqu’elle permet de construire un patrimoine immobilier avec un effort d’épargne compatible avec votre budget. Les loyers participent au remboursement du crédit, tandis que l’avantage fiscal peut réduire votre contribution personnelle.

L’intérêt du dispositif se mesure donc aussi dans des projets de taille modérée. Dans l’exemple pédagogique présenté ici, nous comparons l’achat d’un appartement à 120 000 € avec 15 000 € d’apport, puis avec un financement sans apport à l’achat.

Sous les hypothèses retenues, l’effort moyen après fiscalité ressort respectivement à environ 46 € et 111 € par mois pour l’année étudiée. Ces résultats permettent de comprendre comment le prix, le financement et votre imposition peuvent se combiner.




Ce qui nous paraît intéressant dans la loi Jeanbrun


La loi Jeanbrun permet de déduire chaque année une fraction de la valeur d’un logement éligible des revenus fonciers imposables. Ce mécanisme, appelé amortissement, accompagne un investissement en location nue.

Pour le propriétaire, l’intérêt est double : bénéficier d’un allègement fiscal et acquérir progressivement un bien grâce au remboursement du crédit. Une partie du financement provient des loyers ; le complément dépend des dépenses, des mensualités et de la fiscalité.

Cette possibilité peut concerner un premier investissement mais aussi un propriétaire qui perçoit déjà des loyers nus, puisque l’amortissement intervient dans le calcul du résultat foncier global.

Notre dossier sur le fonctionnement de la loi Jeanbrun présente les différents repères.




Avec 15 000 € d’apport ou sans apport : un exemple à 120 000 €


Prenons un appartement neuf éligible acheté 120 000 €, avec un loyer de 590 € par mois hors charges, supposé compatible avec le marché local et le plafond applicable. Nous ajoutons 3 600 € de frais d’acquisition et 1 800 € de frais de financement et de garantie. Le budget total atteint donc 125 400 €.



Deux façons de financer le même logement

Pour le même appartement

Avec 15 000 € d’apport

Sans apport à l’achat

Budget total, frais compris

125 400 €

125 400 €

Apport personnel

15 000 €

0 €

Montant emprunté

110 400 €

125 400 €

Mensualité, assurance comprise

576 €

654 €

Loyer mensuel hors charges

590 €

590 €

Dépenses moyennes du propriétaire

100 €

100 €

Effort mensuel avant fiscalité

86 €

164 €

Baisse estimée de l’impôt sur les autres revenus, sur l’année

473 €

639 €

Effort mensuel moyen après fiscalité, pour l’année étudiée

46 €

111 €

Les dépenses annuelles de 1 200 € comprennent ici 600 € de taxe foncière restant à charge, 360 € de charges de copropriété non récupérables, 120 € d’assurance propriétaire et 120 € d’entretien effectivement payé. Le logement est géré directement par son propriétaire.

Le calcul suppose douze mois de loyers encaissés, sans impayé ni travaux exceptionnels. Il porte sur une année complète de location, d’amortissement et de remboursement, hors intérêts intercalaires et hors éventuelle déduction ponctuelle des frais de financement.



Comment obtient-on ces résultats après fiscalité ?


Dans cet exemple, l’amortissement annuel représente 3 360 € : le taux de 3,5 % s’applique à 80 % du prix d’achat, après exclusion forfaitaire du terrain.

Après déduction des charges, des intérêts, de l’assurance emprunteur et de cet amortissement, le résultat foncier devient négatif. Nous supposons que l’investisseur n’a pas d’autres revenus fonciers et que ce déficit est intégralement déductible de son revenu global dans les conditions légales.

Avec une tranche marginale d’imposition de 30 %, inchangée sur toute la déduction et sans effet de décote, la baisse d’impôt atteint environ 473 € avec apport et 639 € sans apport. Le plafond d’imputation est supposé disponible et les obligations de maintien en location respectées.

Cette baisse d’impôt explique le passage de 86 € à 46 €, ou de 164 € à 111 € en moyenne mensuelle.




Ce que le choix de l’apport change pour vous


Avec 15 000 € d’apport, vous réduisez le montant emprunté et la contribution mensuelle nécessaire. Sans apport à l’achat, vous préservez cette somme pour d’autres besoins, avec une mensualité et un coût total du crédit plus élevés.

Dans notre exemple, conserver les 15 000 € représente environ 64 € d’effort mensuel supplémentaire après fiscalité pour l’année étudiée.

Le financement sans apport suppose que la banque accepte de financer l’acquisition et les frais. Cette possibilité dépend du dossier, des revenus, de l’endettement et des conditions de financement. Elle reste compatible avec la conservation d’une réserve d’épargne pour les dépenses du logement.

Pendant la première année calculée, le remboursement du capital atteint environ 2 813 € avec apport et 3 195 € sans apport. Ces montants réduisent la dette immobilière. Ils participent à la constitution du patrimoine, dont la valeur dépend aussi de l’évolution du prix du logement. Le choix porte donc sur la place que vous souhaitez donner au projet dans votre épargne et dans votre budget mensuel.




Les éléments qui peuvent modifier l’intérêt du projet


Le prix de 120 000 € et le loyer de 590 € sont déterminants dans cet exemple. Un logement plus cher pour le même loyer demande davantage de financement. Des charges plus importantes augmentent également la contribution du propriétaire.

Une période sans locataire modifie le budget : un mois de vacance retire ici 590 € de recettes, soit environ 49 € par mois lorsqu’on répartit cette différence sur l’année, avant son effet fiscal.

Le niveau de loyer retenu dans le dispositif Jeanbrun compte aussi. Les locations sociales et très sociales peuvent ouvrir droit à un amortissement supérieur, avec des loyers plus contraints. Le supplément d’économie fiscale se compare alors à la baisse des recettes locatives. Notre avis est donc plus réservé lorsque le financement absorbe toute la marge disponible ou que le projet suppose des loyers difficiles à atteindre localement. Une simulation permet d’observer ces écarts en faisant varier quelques hypothèses, avant de choisir le logement.




Un investissement qui s’inscrit dans la durée


La loi Jeanbrun repose notamment sur une location nue à usage de résidence principale pendant au moins neuf ans, avec des plafonds de loyer et de ressources du locataire.

Le dispositif concerne des logements en bâtiment collectif, neufs ou anciens répondant aux conditions de réhabilitation prévues. Le locataire doit être extérieur au foyer fiscal et au cercle des parents ou alliés jusqu’au deuxième degré inclus.

Ces engagements peuvent correspondre à un projet de constitution de patrimoine durable. Ils sont moins adaptés si vous envisagez de récupérer rapidement le logement pour votre usage personnel, de le louer meublé ou de le revendre prochainement.

Notre guide des conditions de la loi Jeanbrun détaille les critères liés au logement, à la location et aux démarches fiscales.




La revente entre aussi dans notre avis sur Jeanbrun


L’amortissement procure un avantage pendant la location, mais intervient également dans le calcul de la plus-value à la revente. Les amortissements admis en déduction diminuent le prix d’acquisition fiscal retenu, ce qui peut augmenter la plus-value imposable, selon les abattements et exonérations applicables.

Pour estimer le capital disponible à la sortie, le calcul prend donc en compte le prix de vente, le crédit restant à rembourser, les frais et l’éventuel impôt.

Ce capital comprend aussi une partie de votre propre épargne. Il se rapproche de l’apport initial et des sommes versées pendant la détention pour apprécier le résultat de l’investissement.

Une vente avant la fin de l’engagement peut également remettre en cause l’avantage fiscal. Notre article sur la revente avant neuf ans présente cette situation et notre outil intègre la revente à 9 ans pour se projeter.




Choisir la loi Jeanbrun ou une autre solution : comment se décider ?


La loi Jeanbrun peut convenir à un projet de location nue. Un logement destiné au meublé conduit plutôt à examiner le LMNP, tandis qu’une acquisition avec travaux peut aussi correspondre au Denormandie ou au déficit foncier.

Le prix, le loyer et les dépenses propres à chaque solution permettent de comparer leur effet sur votre budget. Notre comparatif Jeanbrun et LMNP montre notamment comment une différence de loyer peut modifier le résultat.

Une économie fiscale plus élevée peut être intéressante, tout comme un effort d’épargne plus faible ou la possibilité de conserver davantage de liquidités. Leur importance dépend de vos priorités.




Préparer votre projet


La loi Jeanbrun peut rendre un investissement plus accessible lorsque les loyers et l’économie fiscale limitent la contribution personnelle nécessaire. L’exemple à 120 000 € montre comment un projet peut être envisagé avec ou sans apport.

Notre simulateur d’investissement locatif vous permet de comparer les dispositifs éligibles à votre projet dans le neuf ou l'ancien, de recevoir les montants pour chacun des économies d’impôt estimées, l’effort d’épargne ou le cash-flow et la rentabilité annuelle. Vous obtenez ainsi une première base claire pour décider avec des chiffres.



Intègre 6 dispositifs en 2026




Questions fréquentes sur notre avis Jeanbrun


Peut-on investir avec Jeanbrun sans apport ?


Le dispositif fiscal n’impose pas d’apport minimal. Un financement sans apport dépend toutefois de l’accord de la banque, notamment lorsqu’il couvre les frais d’acquisition et de financement. Une réserve d’épargne reste utile pour les dépenses et les périodes sans locataire.



Peut-on investir avec seulement 15 000 € d’apport ?


Oui, si le budget de l’opération et le financement obtenu le permettent. Dans notre exemple pédagogique, 15 000 € d’apport financent une partie d’un budget total de 125 400 €. Le montant nécessaire varie selon le logement et les conditions bancaires.



Peut-on compter sur un effort d’épargne de 46 € ou 111 € par mois ?


Ces montants correspondent uniquement aux hypothèses de notre exemple et à l’année étudiée. Ils dépendent notamment du prix, du loyer, des charges, du crédit et d’une imposition à 30 %. Une autre situation peut donner un résultat sensiblement différent.



Jeanbrun permet-il de réduire l’impôt dès un premier investissement ?


Oui, sous conditions. L’amortissement peut diminuer le résultat foncier et contribuer à un déficit imputable sur le revenu global dans les limites légales. L’effet dépend des revenus, des charges et de la possibilité d’utiliser cette déduction.



Références : fiche Service Public consacrée à Relance logement–Jeanbrun ; article 31 du Code général des impôts pour l’amortissement et ses conditions ; article 150 VB pour le calcul de la plus-value.

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