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Loi Jeanbrun dans l’ancien : faut-il acheter maintenant ou attendre le vote définitif ?

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L'équipe de Rédaction LoiBailleurPrive
19 juil.
10 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

Un appartement ancien qui respecte déjà les conditions du dispositif Jeanbrun peut être étudié dès aujourd’hui. Pour un projet qui dépend des assouplissements votés au Sénat, l’accès à l’amortissement reste lié au devenir de la réforme.

Au 6 septembre 2026, le dispositif créé par la loi de finances s’applique, tandis que le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement poursuit son parcours parlementaire. La suppression du minimum de travaux et l’ouverture aux maisons anciennes figurent dans la version sénatoriale ; elles restent à distinguer des règles utilisables pour une acquisition actuelle. Le dossier législatif du Sénat retrace ces étapes. Pour situer votre projet, trois éléments se répondent : le logement et ses travaux, la date de l’achat, puis le budget obtenu avec la fiscalité effectivement applicable.



Intègre 6 dispositifs en 2026




Où en est le vote définitif de la loi Jeanbrun ?


Le vote recouvre deux textes dont le calendrier diffère. Le premier a créé l’amortissement fiscal pour la location nue. Il concerne les acquisitions éligibles réalisées depuis le 21 février 2026. Le second propose notamment d’élargir l’accès au dispositif dans l’ancien.

Après son adoption par le Sénat le 8 juillet 2026, la réforme a avancé à l’Assemblée nationale, où un texte de la commission des affaires économiques a été déposé le 23 septembre. Au 28 septembre 2026, son adoption définitive reste attendue. Pour un achat dans l’ancien, les conditions actuelles du dispositif Jeanbrun restent donc la référence : vous pouvez étudier un logement qui les respecte déjà, tandis qu’un projet dépendant des assouplissements proposés reste lié à l’aboutissement de la réforme. Assemblée nationale, suivi du texte en commission.

Une date d’examen parlementaire annonce une étape de discussion. L’entrée en vigueur dépendra du texte finalement adopté, de sa publication et des dispositions d’application retenues. Aucun calendrier certain d’accès aux assouplissements ne peut donc être donné aujourd’hui.




Quels logements anciens sont déjà éligibles ?


Le cadre actuel concerne les logements situés dans un bâtiment d’habitation collectif. Dans l’ancien, deux voies de travaux sont prévues :


  • des travaux conduisant à la production ou à la livraison d’un immeuble neuf au sens fiscal ;

  • des travaux d’amélioration représentant au moins 30 % du prix d’acquisition, avec les critères de réhabilitation lourde requis.


Pour cette seconde voie, Service Public indique notamment l’atteinte d’un DPE A ou B. Le montant des devis et le résultat technique de la rénovation s’examinent ensemble. Un classement énergétique favorable, pris isolément, ne démontre pas l’ensemble de l’éligibilité. Service Public, dispositif Jeanbrun dans l’ancien.

Le logement est ensuite loué nu comme résidence principale, avec un engagement d’au moins neuf ans, un loyer plafonné et un locataire respectant les plafonds de ressources. La période d’acquisition court jusqu’au 31 décembre 2028. Dans l’ancien, la location commence dans les douze mois suivant l’achèvement des travaux, ou l’acquisition si elle est postérieure. CGI, article 31, I-1°-j.

Notre guide du statut du bailleur privé développe ces conditions et le fonctionnement de la déduction.




Ce que changerait la réforme votée au Sénat


La version adoptée le 8 juillet élargirait plusieurs possibilités d’investissement. Les mesures ci-dessous restent proposées, sans application acquise au 6 septembre 2026.

Sujet

Évolution prévue par le Sénat

Montant des travaux

Suppression du seuil minimum de 30 % pour la voie des travaux d’amélioration.

Performance énergétique en métropole

Classe D au minimum après travaux ; classe E au minimum pour un logement initialement classé G.

Maisons anciennes

Ouverture de la branche « ancien avec travaux » aux logements individuels.

Transformation de locaux

Prise en compte explicite de locaux transformés en logements, sous conditions.

Location familiale

Suppression de l’exclusion des parents et alliés jusqu’au deuxième degré, avec maintien de l’exclusion du foyer fiscal pour un achat en direct.

SCPI

Amortissement calculé par immeuble puis réparti entre associés, avec engagement individuel de conservation des parts.

Ces évolutions figurent à l’article 4 du texte adopté par le Sénat.

La rédaction sénatoriale écarte également l’obligation spécifique de retirer les chaudières à combustible fossile envisagée dans une version précédente. Le niveau énergétique obtenu resterait déterminant. Ce point décrit l’évolution du projet de réforme ; il ne constitue pas une nouvelle règle déjà entrée en vigueur. Assemblée nationale, texte transmis, article 4.



Des travaux resteraient nécessaires


La suppression d’un pourcentage minimum permettrait d’adapter davantage le budget à l’état du logement. Elle conserverait une condition de travaux et de performance énergétique. L’éligibilité d’un appartement déjà classé D ne se déduirait donc pas de sa seule étiquette.

Pour une maison ancienne, l’ouverture envisagée porterait aussi sur un projet avec travaux. Les maisons neuves individuelles resteraient exclues de cette ouverture. Notre article sur les maisons individuelles et la loi Jeanbrun détaille cette distinction.



Un objectif DPE E se projette aussi au-delà de la rénovation


Le cas d’un logement passant de G à E appelle une lecture sur la durée. En métropole, le calendrier actuel de décence énergétique prévoit au moins la classe E à compter de 2028, puis la classe D à compter de 2034, pour les nouveaux baux, renouvellements et reconductions concernés.

Un investissement engagé en 2026 sur neuf ans traverse cette échéance de 2034. Si la dérogation G vers E était conservée, une rénovation complémentaire pourrait ainsi entrer dans le budget de détention. Cette conséquence découle du rapprochement des deux calendriers, fiscal et locatif. Ministère du Logement, décence énergétique.




Acheter maintenant : dans quelles situations le projet peut-il avancer ?


Un appartement ancien avec une rénovation déjà conforme


Lorsque le logement et son programme de travaux répondent au cadre actuel, l’étude peut se poursuivre avec ces règles : prix négocié, devis, calendrier du chantier, financement et loyer envisageable après rénovation.

Dans ce cas, la réforme éventuelle peut modifier les possibilités offertes à d’autres opérations. Le projet étudié possède déjà son propre fondement fiscal.

Le loyer retenu dans le budget se confronte à la fois au plafond autorisé et aux loyers que les locataires acceptent pour un logement comparable. Le calcul du plafond de loyer Jeanbrun aide à préciser cette hypothèse.



Un appartement neuf ou en VEFA déjà éligible


Les évolutions portant sur le minimum de travaux dans l’ancien ne conditionnent pas l’accès d’un appartement neuf au dispositif existant. Pour un programme déjà éligible, l’étude porte sur ses caractéristiques, le prix, la livraison, le crédit et la location future. L’analyse de la loi de finances par l’ANIL distingue les branches du neuf et de l’ancien.



Un investissement envisagé sous un autre régime


Un logement peut répondre à votre projet locatif avec une fiscalité différente. L’analyse peut alors avancer selon cette hypothèse clairement identifiée.

En location nue au régime réel, certaines dépenses et charges se déduisent des loyers. Un déficit peut être utilisé selon son origine, les plafonds et les règles de report. La DGFiP présente le régime réel des revenus fonciers, et notre guide du déficit foncier en développe les effets.

Le Denormandie peut aussi être comparé lorsque la localisation et les travaux y ouvrent droit. Son seuil de travaux correspond à 25 % du coût total de l’opération, avec ses autres conditions propres. La base de ce pourcentage diffère donc de celle du seuil Jeanbrun actuel. Service Public, investissement Denormandie.




Quand l’attente de la réforme compte-t-elle dans la décision ?


Le calendrier législatif devient déterminant lorsque l’avantage Jeanbrun attendu repose précisément sur une condition qui serait assouplie.

Cela concerne notamment une maison ancienne, un programme d’amélioration trop limité pour la voie actuelle des 30 %, une rénovation visant seulement le DPE D, ou un achat destiné à loger un enfant hors du foyer fiscal.

La recherche du bien, les devis et l’étude bancaire peuvent continuer. En revanche, le budget associé au droit actuel et celui envisagé après réforme correspondent à deux hypothèses distinctes. Cette séparation permet de voir ce que l’opération représente si l’assouplissement est modifié, différé ou abandonné.

Pour une SCPI, l’adoption d’un cadre fiscal et l’existence d’une offre de souscription répondant à ce cadre constituent également deux étapes différentes. Le vote du Sénat décrit un mécanisme proposé ; il ne prouve pas qu’un placement correspondant est déjà disponible.




Exemple : un achat à 180 000 € avec deux budgets de travaux


Prenons un appartement ancien acheté 180 000 € hors frais, avec des travaux d’amélioration réalisés après l’acquisition. Nous comparons ici le montant des travaux, en dehors de la voie particulière de l’immeuble rendu neuf au sens fiscal.

Le seuil actuel représente : 180 000 € × 30 % = 54 000 € de travaux.

Hypothèse

Programme A

Programme B

Prix d’acquisition hors frais

180 000 €

180 000 €

Travaux d’amélioration retenus

60 000 €

25 000 €

Travaux rapportés au prix d’achat

33,3 %

13,9 %

Seuil de 30 % atteint

Oui

Non

Le programme A franchit la condition de montant. L’éligibilité dépend aussi de la nature des travaux, de la réhabilitation obtenue et des autres conditions.

Le programme B peut correspondre à une rénovation adaptée au logement, mais le bénéfice de Jeanbrun par cette voie dépendrait d’un changement des règles. La suppression proposée du seuil ouvrirait une possibilité à examiner, selon le résultat énergétique et la date de l’acquisition.



Ce que représente l’amortissement pour le programme A


Supposons le programme A entièrement éligible, en location intermédiaire, avec une année complète d’amortissement et un plafond disponible. Le calcul retient le prix hors frais augmenté des travaux éligibles, puis retire la part forfaitaire du foncier : (180 000 € + 60 000 €) × 80 % = 192 000 €.

Au taux annuel de 3 % applicable à l’ancien intermédiaire : 192 000 € × 3 % = 5 760 € de déduction annuelle.

La base et le taux découlent de l’article 31 du CGI.

Si cette déduction est entièrement utilisée sur des revenus imposés à 30 %, son effet sur le seul impôt sur le revenu atteint 1 728 €. Avec une imposition à 11 % sur toute la même variation de revenu, cet effet est de 633,60 €.


Ces montants supposent notamment l’absence de changement de tranche, d’effet de décote ou de report retardant l’utilisation de la déduction. Les prélèvements sociaux sont laissés hors de ce calcul. Les travaux intégrés à la base ne sont pas comptés une seconde fois comme une charge immédiatement déduite dans cet exemple.

Cette lecture isole l’effet fiscal. Le budget réel ajoute les frais d’acquisition, l’apport, le crédit éventuel et son assurance, les charges, le délai avant location et les dépenses imprévues. Les 5 760 € d’amortissement ne correspondent à aucun versement reçu ; l’économie d’impôt suit son propre calendrier.




Quelle date compte si vous achetez avant la réforme ?


Pour le dispositif actuel, la date d’acquisition retenue est celle de la signature de l’acte notarié, comme le précise Service Public.

Le texte transmis à l’Assemblée prévoit une application des modifications à compter du lendemain de la publication de la future loi. Il ajoute également, pour l’ancien, une référence à la rédaction du dispositif en vigueur à la date d’acquisition.

Notre lecture de ces deux dispositions conduit à examiner l’éligibilité selon les règles applicables lors de l’achat. Une rénovation terminée après la réforme ne permettrait donc pas, à elle seule, de présumer l’accès aux nouveaux critères pour un bien acquis auparavant. Cette lecture reste liée au maintien de la rédaction dans la loi définitive. Projet de loi n° 3058, article 4.

Le calendrier du compromis, de l’acte et du chantier peut être étudié avec le notaire à partir du projet précis. Un report de signature dépend de l’accord des parties et des engagements déjà pris.




Comparer le projet pendant la location et jusqu’à la revente


L’intérêt d’une rénovation se mesure aussi dans le logement obtenu : confort, charges d’usage, loyer envisageable, entretien et demande locative. Ces éléments permettent de rapprocher le coût des travaux du service rendu au futur occupant.

Sur le plan financier, la projection rassemble les sommes versées au départ, les flux pendant la location et le montant susceptible de rester lors d’une vente. Le capital remboursé sur un crédit et l’effort d’épargne mensuel décrivent deux aspects différents de cette évolution.

La fiscalité de sortie entre dans la comparaison. Les amortissements Jeanbrun déduits minorent le prix d’acquisition retenu pour calculer la plus-value, avec les autres ajustements, abattements et exonérations applicables. Le CGI prévoit également la prise en compte d’amortissements en LMNP, sous réserve des exceptions légales. CGI, article 150 VB.

Si la location meublée correspond à la demande locale et à votre projet, le LMNP offre un autre cadre, relevant des bénéfices industriels et commerciaux. Son étude intègre notamment le mobilier, la gestion, la comptabilité selon le régime et la CFE lorsqu’elle est due. DGFiP, location meublée.


Le simulateur d’investissement locatif intègre désormais la revente LMNP. Cette prise en compte permet de rapprocher les effets de la fiscalité annuelle et ceux de la cession pour ce scénario.

Acheter maintenant ou attendre dépend ainsi des conditions propres au bien et de la place de la réforme dans son équilibre. Avec le prix, les travaux, le loyer et le financement de votre opération, une projection personnelle permet de situer les sommes à mobiliser et le résultat envisagé sur la durée.




Questions fréquentes sur le vote définitif de la loi Jeanbrun


La loi Jeanbrun est-elle déjà entrée en vigueur ?


Oui, le dispositif créé par la loi de finances pour 2026 concerne les acquisitions éligibles depuis le 21 février 2026. Les assouplissements adoptés au Sénat en juillet relèvent d’un autre texte, encore en cours d’examen au 6 septembre 2026.



Le minimum de 30 % de travaux a-t-il été supprimé ?


Sa suppression figure dans la version sénatoriale. Le droit actuel conserve ce seuil pour la voie des travaux d’amélioration, avec les critères de réhabilitation lourde. Une autre voie concerne les travaux produisant un immeuble neuf au sens fiscal.



Une rénovation de 30 % du prix rend-elle automatiquement le logement éligible ?


Non. Ce pourcentage porte sur le montant des travaux. Leur nature, les performances obtenues, le type de bâtiment et les conditions de location participent aussi à l’éligibilité.



Quel DPE est prévu par la réforme ?


En métropole, le texte voté au Sénat retient au moins D après travaux, ou au moins E pour un logement initialement classé G. Des critères spécifiques concernent les territoires ultramarins visés. Ces dispositions restent soumises à l’issue du parcours législatif.



Un logement ancien sans travaux pourrait-il bénéficier de Jeanbrun ?


La version sénatoriale conserve des travaux d’amélioration ou une autre opération expressément éligible. La suppression d’un minimum de dépenses ne crée donc pas un accès général aux logements anciens achetés sans travaux.



Les maisons anciennes sont-elles déjà éligibles ?


Au 6 septembre 2026, le cadre actuel reste limité aux bâtiments d’habitation collectifs. Le Sénat propose d’ouvrir la branche de l’ancien avec travaux aux maisons individuelles.



Peut-on louer à son enfant avec le dispositif Jeanbrun ?


Le droit actuel exclut notamment les enfants, même hors du foyer fiscal. Le Sénat propose de lever cette exclusion familiale, tout en conservant, pour l’achat en direct, celle des membres du foyer fiscal et les autres conditions locatives.



Une acquisition antérieure pourrait-elle profiter de la réforme ?


Aucun bénéfice automatique ne peut être affirmé. La rédaction transmise à l’Assemblée rattache les règles de l’ancien à la date d’acquisition et prévoit leur modification à compter du lendemain de la publication de la future loi. Le texte définitif déterminera leur application.



Quelle est la date du vote définitif ?


Les dossiers parlementaires consultés au 6 septembre 2026 ne permettent pas de donner une date certaine d’adoption définitive et d’entrée en vigueur. Le suivi officiel reste celui du projet de loi à l’Assemblée nationale.



Peut-on chiffrer son projet pendant l’examen du texte ?


Oui. Les règles en vigueur permettent une première projection. Un scénario dépendant de la réforme peut être présenté séparément comme une hypothèse, afin de mesurer la part de l’avantage encore incertain dans le budget.

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