Statut bailleur privé 2026 (dispositif Jeanbrun) : définition, amortissement et conditions
- L'équipe de Rédaction LoiBailleurPrive

- 28 févr.
- 9 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Le statut bailleur privé, aussi appelé Relance Logement ou dispositif Jeanbrun, est un cadre fiscal créé par la loi de finances pour 2026 pour encourager l’investissement locatif de long terme. Il permet, sous conditions, de déduire de ses revenus fonciers un amortissement calculé sur une fraction de la valeur du logement, dans le cadre d’une location nue à usage de résidence principale. Dans ce guide, nous faisons le point sur les logements éligibles, les taux d’amortissement, les plafonds à respecter, les conditions d’application et les points de vigilance à connaître avant d’investir.
En 2026, le statut bailleur privé repose sur un mécanisme d’amortissement fiscal qui permet, sous conditions, de déduire chaque année une partie de la valeur amortissable du logement. Concrètement, cela peut réduire, voire neutraliser, le résultat foncier imposable selon le niveau de loyers, les charges supportées et la situation fiscale du bailleur.
Le dispositif concerne des logements situés en France, dans un immeuble d’habitation collectif. Sont notamment visés les logements neufs, les acquisitions en VEFA et certains logements anciens faisant l’objet de travaux de transformation ou de réhabilitation dans les conditions prévues par le texte. La nature du bien a une incidence directe sur les taux d’amortissement applicables et sur les conditions d’entrée dans le régime.
Pour en bénéficier, le logement doit être loué nu, à usage de résidence principale, de manière effective et continue. Le bailleur doit également respecter des plafonds de loyers et, selon le niveau de location retenu, des plafonds de ressources du locataire. Ces paramètres influencent directement l’équilibre économique du projet, notamment le cash-flow et l’effort d’épargne.
Enfin, le dispositif s’inscrit dans une logique patrimoniale de long terme, avec un engagement de location de 9 ans minimum. L’intérêt du statut bailleur privé ne doit donc pas être apprécié uniquement à partir du gain fiscal de la première année, mais à l’échelle de toute la durée d’engagement.
Qu’est-ce que l’amortissement du statut bailleur privé (Jeanbrun) ?
Dans le cadre du statut bailleur privé, l’amortissement correspond à une déduction fiscale pratiquée chaque année sur une partie de la valeur du logement. Cette déduction vient réduire les revenus fonciers imposables, sans correspondre à une dépense effectivement payée au cours de l’année. Le mécanisme ne prend donc pas la forme d’une réduction d’impôt : il agit directement sur l’assiette taxable des loyers.
Autrement dit, l’amortissement permet au bailleur de constater fiscalement une dépréciation théorique du bien, même s’il n’a pas engagé de dépense nouvelle au cours de l’exercice. C’est ce point qui distingue le statut bailleur privé des anciens dispositifs de défiscalisation plus classiques, fondés sur une réduction d’impôt forfaitaire.
En 2026, la mécanique repose sur plusieurs règles simples. L’amortissement s’applique à la base amortissable du logement, la valeur du foncier étant exclue. Les taux varient selon la nature du bien et selon la catégorie de location retenue : intermédiaire, sociale ou très sociale. Le logement doit être loué nu, à usage d’habitation principale, pendant une durée minimale de 9 ans, avec respect des plafonds de loyers et, dans certains cas, des plafonds de ressources du locataire.
L’intérêt du dispositif n’est donc pas de procurer un avantage fiscal automatique et uniforme, mais de diminuer la base imposable des revenus locatifs dans un cadre plus encadré. En pratique, plus les loyers sont maîtrisés et plus le régime locatif retenu est social, plus le taux d’amortissement peut être favorable.
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Les taux d'amortissement 2026
Logement neuf
Type de loyer | Taux d'amortissement |
Loyer intermédiaire | 3,5 % / an |
Loyer social | 4,5 % / an |
Loyer très social | 5,5 % / an |
Logement ancien (avec travaux)
Type de loyer | Taux d'amortissement |
Loyer intermédiaire | 3 % / an |
Loyer social | 3,5 % / an |
Loyer très social | 4 % / an |
Condition spécifique :
Pour les logements anciens, il faut rester attentif aux conditions exactes d’éligibilité. Le dispositif vise les biens situés dans un immeuble collectif qui font l’objet de travaux de transformation ou de réhabilitation lourde. Dans ces situations, la déduction au titre de l’amortissement est calculée sur le prix d’acquisition augmenté du montant des travaux éligibles.
La somme des déductions pratiquées au titre de l’amortissement ne peut pas dépasser 8 000 € par an et par foyer fiscal. Ce plafond est porté à 10 000 € ou 12 000 € lorsque la part des revenus bruts issus de logements loués en social ou en très social atteint le seuil prévu par le texte.
Exemple : comment l’amortissement peut alléger l’imposition de vos loyers
Prenons un exemple purement pédagogique. Un investisseur acquiert un logement neuf ou en VEFA pour 250 000 €, qu’il loue 900 € par mois, soit 10 800 € de loyers annuels. Il opte pour une location intermédiaire, dans le cadre d’un engagement de location de 9 ans.
On suppose par ailleurs 4 800 € d’intérêts d’emprunt, 1 200 € de taxe foncière, 200 € d’assurance propriétaire non occupant, 500 € de frais de gestion et 500 € d’entretien, soit 7 200 € de charges annuelles au total.
Sans amortissement, le calcul est simple : 10 800 € de loyers moins 7 200 € de charges, soit un résultat foncier imposable de 3 600 €. Pour un foyer imposé dans une tranche marginale de 30 %, cela représente 1 080 € d’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent 619 € de prélèvements sociaux, soit une fiscalité totale de 1 699 € par an.
Avec le statut bailleur privé, la logique change : Sur un bien acquis 250 000 €, la base amortissable est de 200 000 €, soit 80 % du prix retenu. Avec un taux de 3,5 % par an en location intermédiaire dans le neuf, l’amortissement théorique annuel atteint 7 000 €.
Dans cet exemple, le résultat foncier avant amortissement étant de 3 600 €, seule cette somme est utilisée pour ramener le résultat imposable à zéro. Le résultat foncier imposable peut donc, dans cette hypothèse, être neutralisé.
L’effet est immédiat : au lieu de supporter 1 699 € de fiscalité annuelle sur les loyers, le bailleur conserve ici l’intégralité de son résultat net avant impôt. Son cash-flow annuel après fiscalité passe ainsi de 1 901 € sans amortissement à 3 600 € avec amortissement.
Cet exemple ne vaut évidemment pas simulation universelle. Dans la pratique, le résultat dépend du prix du bien, du niveau de loyer retenu, de la catégorie de location choisie, des charges réellement supportées, du financement, de la vacance locative et de la situation fiscale du propriétaire. Il permet néanmoins de comprendre le point essentiel : l’amortissement est une déduction fiscale, pas une sortie de trésorerie. À paramètres constants, il peut donc améliorer sensiblement la trésorerie nette après impôt.
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Les conditions clés du statut bailleur privé en 2026
Pour bénéficier du statut bailleur privé, il ne suffit pas d’acheter un logement destiné à la location. Le dispositif repose sur un cadre précis, avec plusieurs conditions cumulatives tenant à la nature du bien, au mode de location, à la durée d’engagement et au profil du locataire. C’est ce respect d’ensemble qui permet de pratiquer la déduction au titre de l’amortissement sur les revenus fonciers.
La première condition concerne le logement lui-même. Le régime vise les biens situés en France, dans un immeuble collectif. Il peut s’agir d’un logement neuf, mais aussi d’un logement ancien avec travaux lorsque le bien entre dans le champ de la réhabilitation lourde ou de la transformation prévu par les textes. Ce point est important, car le dispositif ne s’applique pas à n’importe quel investissement locatif classique, ni à tous les logements anciens sans distinction.
La deuxième condition tient à l’usage du bien. Le logement doit être donné en location nue, c’est-à-dire non meublée, et constituer la résidence principale du locataire. Le dispositif s’inscrit donc dans une logique de location longue durée et patrimoniale, à l’opposé d’une exploitation en location meublée ou saisonnière.
La troisième condition est la durée. Le bailleur doit prendre un engagement de location de 9 ans. La location doit en outre prendre effet dans les 12 mois suivant l’achèvement du logement ou son acquisition si celle-ci est postérieure. Autrement dit, l’avantage fiscal est attaché à un véritable engagement locatif dans le temps, et non à une simple mise en location ponctuelle.
Autre exigence essentielle : le respect de plafonds. Le niveau de loyer doit rester dans les limites prévues par le dispositif et, selon la catégorie de location retenue, les ressources du locataire doivent également respecter les plafonds applicables. Plus le niveau de location est encadré, plus le taux d’amortissement peut être favorable. Il faut donc raisonner le projet dans son ensemble : fiscalité, rendement locatif, demande locale et capacité à louer durablement dans les plafonds visés.
Le dispositif impose aussi une restriction sur le choix du locataire. La location ne peut pas être conclue avec un membre du foyer fiscal du bailleur. Lorsque le logement appartient à une société non soumise à l’impôt sur les sociétés, la location ne peut pas non plus être consentie à l’un des associés, ni à un membre du foyer fiscal de l’un d’eux. Cette règle vise à réserver le bénéfice du régime à une véritable mise en location à un tiers.
Enfin, il faut garder à l’esprit que le statut bailleur privé ne se lit pas uniquement comme un avantage fiscal. Il faut vérifier dès l’origine que le bien, le niveau de loyer, la localisation et la stratégie patrimoniale sont cohérents avec un engagement de 9 ans. Un projet peut être fiscalement séduisant sur le papier, mais perdre beaucoup de son intérêt si les plafonds sont mal calibrés par rapport au marché local ou si la vacance locative est sous-estimée.
Statut bailleur privé ou Pinel : quelles différences ?
Le statut bailleur privé ne fonctionne pas comme l’ancien Pinel. Le Pinel reposait sur une réduction d’impôt, alors que le dispositif Jeanbrun repose sur une déduction des revenus fonciers par amortissement. Dans un cas, l’avantage fiscal vient diminuer directement l’impôt dû ; dans l’autre, il réduit la base imposable des loyers. Cette différence change profondément la logique de calcul et l’intérêt du dispositif selon le niveau de revenus fonciers du foyer.
Autre différence importante : le Pinel était limité à certaines zones géographiques. Service-Public présente au contraire Relance Logement comme un dispositif sans zonage restrictif comparable, même si les plafonds de loyers et de ressources restent, eux, liés à la localisation du bien et à la catégorie de location retenue. En pratique, cela élargit le champ théorique d’application, tout en maintenant un encadrement économique réel.
Enfin, le statut bailleur privé repose sur un engagement de location de 9 ans et sur des contreparties locatives précises : location nue, résidence principale, plafonds, et interdiction de louer à certaines personnes proches du bailleur. Il ne doit donc pas être lu comme un simple “remplaçant du Pinel”, mais comme un régime distinct, avec une logique plus patrimoniale et plus directement liée aux revenus fonciers.
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Quels sont les points de vigilance avant d’investir ?
Le premier point de vigilance concerne l’adéquation entre les plafonds du dispositif et le marché local. Un taux d’amortissement plus favorable n’a de sens que si le bien peut être loué dans de bonnes conditions, à un niveau de loyer compatible avec la demande locative réelle. Il faut donc éviter de raisonner uniquement à partir du gain fiscal théorique.
Le deuxième point tient à la durée d’engagement. Le dispositif impose une vision de long terme. Il faut intégrer dès le départ la durée de détention, la solidité du financement, les charges non récupérables, la taxe foncière, les travaux futurs éventuels et le risque de vacance locative. Une économie d’impôt intéressante la première année ne compense pas un projet mal calibré sur 9 ans.
Le troisième point concerne la conformité juridique du dossier. Le bénéfice du régime suppose que les conditions d’éligibilité soient respectées de manière continue : nature du bien, type de location, délai de mise en location, plafonds et qualité du locataire. Avant toute décision, il est donc utile de confronter le projet au texte applicable et de vérifier si le montage retenu est cohérent avec votre situation patrimoniale et fiscale.
FAQ – Statut bailleur privé 2026 / dispositif Jeanbrun
Qu’est-ce que le dispositif Jeanbrun ?
Le dispositif Jeanbrun, aussi appelé Relance Logement ou statut fiscal du bailleur privé, est un régime créé par la loi de finances pour 2026. Il permet, sous conditions, de pratiquer une déduction des revenus fonciers au titre de l’amortissement, dans le cadre d’une location nue à usage de résidence principale.
Le logement doit-il être loué vide ou meublé ?
Le bien doit être loué nu, c’est-à-dire non meublé, et être affecté à la résidence principale du locataire. Le dispositif ne s’applique donc pas à la location meublée ni à la location saisonnière.
Quelle est la durée d’engagement ?
Le propriétaire doit s’engager à louer le logement pendant une durée minimale de 9 ans. La location doit en outre prendre effet dans les 12 mois suivant l’achèvement de l’immeuble, l’achèvement des travaux ou l’acquisition si elle est postérieure.
Faut-il respecter des plafonds de loyers et de ressources ?
Oui. Le dispositif impose des plafonds de loyers et des plafonds de ressources du locataire, appréciés à la date de conclusion du bail. Ces plafonds varient selon la localisation du logement et selon la catégorie retenue : intermédiaire, sociale ou très sociale.
Comment fonctionne l’amortissement du statut bailleur privé ?
L’amortissement vient réduire les revenus fonciers imposables en permettant de déduire chaque année une fraction de la valeur du logement. Il ne s’applique pas à la valeur du foncier, laquelle est estimée forfaitairement à 20 % du prix d’acquisition net de frais. Pour l’ancien avec travaux éligibles, la base peut être majorée du montant des travaux.
Le dispositif est-il cumulable avec un autre avantage fiscal ?
Le dispositif Jeanburn Relance n’est pas cumulable avec un autre dispositif pour le même logement.
En 1 minute : estimation du cash-flow, de l’effort d’épargne et de l’allègement fiscal projeté
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